SIX FILMS AU FÉMININ







En 2018, Altermédia a 30 ans et présente ses six dernières productions suivies de débats

L’équipe d’Altermédia est une exception dans le monde de l’audiovisuel : elle est majoritairement féminine, hormis Gérard Mordillat, écrivain et réalisateur (Mélancolie ouvrière, 2017; Jésus et l’Islam, 2015 ; Le Grand Retournement, 2013), son président. Rappelons que les réalisatrices de films sortis en salles ne sont que 14% et, pour les films diffusés à la télévision, on ne compte que 20% de réalisatrices et 22 % de scénaristes.

C’est donc un trio artistique féminin - une réalisatrice, une chorégraphe, une scénariste, qui signe les six films qui, rassemblés ici, nous content les aventures de jeunes créatrices, danseuses, musiciennes, dans la jungle des villes et des cités, aux prises avec la violence ordinaire.

Six comédies grinçantes qui, du point de vue des femmes, abordent les questions majeures qui agitent nos sociétés. Elles questionnent et renversent les représentations, fusionnent les cultures. Leurs héroïnes sont de jeunes artistes qui cherchent leur voie, confrontées à d’autres cultures et à leurs propres doutes.

Les équipes artistiques féminines sont accompagnées par de grands techniciens, collaborateurs de création du meilleur cinéma européen. L’univers narratif des films de Caroline Chomienne se construit autour de la danse et des arts urbains, avec des personnages, le plus souvent féminins, en quête de sens, de reconnaissance, et d’amour.

A l’issue des projections, des rencontres permettront d’aborder, avec les équipes artistiques et techniques, différentes thématiques en lien avec celles des films et plus largement celle de l’égalité homme femme dans la culture.


La Leçon de danse

Drame | Couleur | 63’ | HD | 2018

Avec : Alexane Albert, Lujza Richter, Ibrahim Koma, Bruno Maréchal, Léo Lorenzo, Djamel Benyahia, Andrea Sitter, Marine Sigismeau, Bernard Bloch


La vie s’ouvre à la jeune et talentueuse Mila. A la fac, elle vient de rencontrer l’amour. Et dans le monde de la danse, sa passion, on vient de lui proposer un premier contrat « pro ».
Mais sa vie bascule après un viol collectif dont elle est victime lors d’une soirée arrosée.

Caroline Chomienne
Caroline Chomienne
Caroline Pochon
Maxime Taris
Philippe Jakko
Andrea Sitter
Altermédia
Gérard Mordillat
Caroline Chomienne
Magdalena Petrovic
Les Films Singuliers
Michel Poirier
Paolo Carnera
AIC
Laurent Rouan
Xavier Griette
Mathieu Farnarier
Thomas Bertay
Jean Bauer
Soraya Lattali
Réalisation
Scénario


Musique
Chorégraphie
Production





Image

Montage
Son
Mixage
Étalonnage
Décors
Costumes


NOTE DE LA RÉALISATRICE

Comment parler du viol collectif et des conditions d’une résilience ?

Une épreuve pour la chorégraphe Andrea Sitter et moi-même. Et plus tard pour les comédiennes.

Comme la plupart des femmes, nous avons toutes, un jour ou l’autre, été molestées voire agressées. Traiter d’un tel sujet n’est pas facile, ni anodin. Pour éviter toute stigmatisation, nous avons choisi de situer le viol dans un milieu de jeunes filles aisées.

Mila est victime d’une sorte de bizutage étudiant, lors d’un casting pour intégrer une compagnie de danse. Elle apparaît décalée par rapport à ce qu’elle vit, son silence et son déni questionnent : va-t-elle choisir la reconstruction plutôt que la destruction imposée ?

La beauté de la danse et des jeunes artistes introduit une certaine distance qui permet de filmer et de regarder cet acte sordide, mais le rend encore plus troublant, révoltant, intolérable. De la misogynie ordinaire à la violence la plus abjecte il n’y a qu’un pas...

Il fallait aussi, pour sortir de ce drame par le haut, envisager une possible résilience. D’où la fin ouverte de La Leçon de danse.

Parmi la centaine de danseuses professionnelles que nous avons rencontrées pour le rôle de Mila, le choix d’Alexane Albert a été tout de suite évident devant l’intelligence et la finesse de son jeu.

Pour le rôle de Rose, son amie, confidente et soutien, il fallait une actrice avec une formation plus complète, tant en comédie qu’en danse. J’ai rencontré l’excellente Lujza Richter à Londres.

La danse était un parti-pris risqué pour traiter du viol. J’ai été rassurée d’être comprise le dernier jour du tournage quand le chef opérateur du film Paolo Carnera m’a dit, face à la nudité et la posture de Mila, avoir eu l’impression de filmer une peinture de Degas.



Cuba

Comédie dramatique | Couleur | 75’ | HD | 2018

Avec Natalia Acevedo, Laura Boujenah, Xavier Laurent, Charlie Nelson, Nitsa Benchetrit, Andrea Sitter, José Luis Vidal


Deux jeunes cousines qui préparent un concours de chorégraphie tombent amoureuses d’un peintre exilé cubain qui prépare son retour au pays natal : sur des airs de boléro, ils s’emmêlent les pinceaux dans les jeux de l’amour et de l’amitié.

Caroline Chomienne
Caroline Chomienne
Corinne Atlas
Philippe Jakko
Karine Saporta
Altermédia
Gérard Mordillat
Caroline Chomienne
Magdalena Petrovic
Les Films Singuliers
Michel Poirier
Paolo Carnera
AIC
Yann Dedet
Pascal Ribier
Mathieu Farnarier
Thomas Bertay
Jean Bauer
Isabelle Deffin
Réalisation
Scénario

Musique
Chorégraphie
Production





Image

Montage
Son
Mixage
Étalonnage
Décors
Costumes


NOTE DE LA RÉALISATRICE

Beaucoup de jeunes s’exilent pour échapper au conformisme d’une société européenne vieillissante qui leur laisse peu de place.

C’est le cas de ces deux jeunes artistes femmes en partance pour un nouveau monde. Pour traiter avec humour des embûches qui jalonnent leur parcours et leur quête intime, j’ai imaginé, avec la scénariste Corinne Atlas et les chorégraphes Karine Saporta et Andrea Sitter, les retrouvailles de deux jeunes cousines à l’occasion d’une collaboration chorégraphique.

L’une espagnole, légère en amour, et l’autre, française, qui ne jure que par l’amitié, tombent pourtant toutes les deux amoureuses du même artiste peintre cubain.

Celui-ci rêve d’un retour dans son pays natal. Quand il apprend que les deux cousines s’y rendent, il entreprend de les séduire pour partir avec elles, alors même qu’il est déjà fiancé à une galeriste d’art qui lui a permis d’asseoir une petite notoriété. D’ailleurs l’ex-mari de cette dernière rode autour des artistes : il attend le bon moment pour la récupérer comptant, nous dit-il face caméra, «sur l’intelligence des femmes, de toutes les femmes ».

Installés dans des ateliers collectifs, les personnages se cherchent, se trouvent et poursuivent dans une ronde amoureuse où les rôles ne sont pas figés.

La diversité des cultures ajoute au film une profondeur où la perspective des sentiments semble aller jusqu’à la 3D.

Ce qui est montré ici ce sont les manières différentes qu’ont les femmes et les hommes d’appréhender l’art et la vie. Dans cette transversalité artistique, les rapports évoluent entre le dévouement sans faille de la galeriste pour son amant peintre égocentrique et manipulateur à l’égard des femmes, à l’opposé de l’ex-mari le courtois et sincère. Les femmes sont solidaires, eux sont rivaux.

Le parallèle entre la matrice de vie et la matrice artistique reste pour elles le fil conducteur. Le film raconte cette complexité de la puissance féminine au- delà du dérapage burlesque.

Le jeu distancé de Nathalia Acevedo, découverte dans Post tenebra lux de Carlos Reigadas, contraste avec celui, plus sentimental, de Laura Boujenah, sa cousine, ainsi qu’avec l’interprétation exacerbée de Nitsa Benchetrit, la galeriste d’art, ou encore la composition pleine d’esprit de Charlie Nelson, le représentant de l’art officiel.

Les chorégraphies de Karine Saporta et les musiques de Philippe Jakko subliment le métissage : les cuivres cubains colorent d’une nouvelle chaleur le Boléro de Ravel pour que la danse flamenca et contemporaine de José Luis Vidal Cardena (danseur de Cristina Hoyos) et d’Andrea Sitter se marient. Pour mettre en valeur ces fusions, le montage de Yann Dedet enchevêtre savamment les univers et les parcours de chaque artiste.



Véra

Comédie dramatique | Couleur | 87’ | HD | 2018

Avec : Agathe Bonitzer, Dimitri Storoge, Yuri Hopnn, Airy Routier, Lucie Boujenah, Norma Claire, Andrea Sitter, Christine Gagnieux, Mel Semé


Véra, jeune danseuse, quitte l’Opéra de Paris et se bat pour intégrer le milieu de la danse contemporaine plus métissée. La métamorphose de la courageuse artiste advient où elle ne l’attend pas.

Caroline Chomienne
Caroline Chomienne
Corinne Atlas
Gilles Adrien
Max Moya Wright
Norma Claire
Andrea Sitter
Altermédia
Gérard Mordillat
Caroline Chomienne
Magdalena Petrovic
Les Films Singuliers
Michel Poirier
Paolo Carnera
AIC
Yann Dedet
Julien Cloquet
Mathieu Farnarier
Thomas Bertay
Félix Allio
Nathalie Raoul
Réalisation
Scénario


Musique
Chorégraphie

Production





Image

Montage
Son
Mixage
Étalonnage
Décors
Costumes


NOTE DE LA RÉALISATRICE

Pour avoir côtoyé et observé la jeunesse urbaine, j’ai voulu raconter, avec la scénariste Corinne Atlas et la chorégraphe Andrea Sitter, comment une jeune artiste cherche sa voie hors des sentiers battus.

Les femmes sont nombreuses à oser ce rêve et franchir le pas : pour aller vers l’inconnu et peut-être s’y réaliser, elles sont prêtes à affronter leur famille, leur amant, leur professeur. Les épreuves peuvent y être rudes.

Ainsi est née Véra, jeune danseuse qui abandonne le prestigieux corps de ballet de l’Opéra où elle vient d’être admise, pour forcer la porte d’un collectif de jeunes artistes en banlieue. Je travaille depuis vingt ans en Seine-Saint-Denis où l’art est vivant, à la croisée de toutes les influences, de toutes les pratiques (peinture, musique, danse...) et destiné tant à la rue qu’au musée.

Le challenge était de recréer un collectif avec des jeunes de toutes les disciplines des arts urbains, et, pour incarner notre héroïne, de choisir une jeune femme aussi bonne comédienne que bonne danseuse, ce qui est rare en France.

La danse apparaissait déjà, avec Kader Attou et sa compagnie, dans mes films Freestyle et Des lendemains qui chantent - tranches de vie de jeunes musiciens à Paris et Marseille, sortis dans les années 2000 et remarqués pour leur liberté de ton. Aujourd’hui j’emprunte plus encore à mon passé de danseuse pour faire surgir la danse du cœur des films, et je donne aux artistes femmes une place centrale. Je raconte leur désir d’émancipation, la solidarité artistique, les questions sociales et raciales, le choix d’aller vers l’inconnu, le dépassement de soi, comme des possibles.

L’entraînement de danseuse et la souplesse de jeu d’Agathe Bonitzer ont permis de tourner Véra avec la légèreté nécessaire au chef opérateur Paolo Carnera (Série Gommora, Erick Zonca, Peter Greenaway) pour entrer dans une mise en scène singulière qui réunit des artistes des quatre horizons : acteurs professionnels et non professionnels, danseurs, peintres, musiciens, boxeurs.

Les chorégraphies sont de Norma Claire et Andrea Sitter, d’origines guyanaise et allemande.

Le film raconte cette rencontre des cultures qui inspire les artistes contemporains. Il est lui- même un bouillon de cultures.



Chica

Drame | Couleur | 78’ | HD | 2018

Avec Judith Allio, Cristina Hoyos, Quentin Moriot, Arthur Dunand, Bussi Esteban, Carjaval Alegria, Judith Henri, Samir Guesmi, Jean-Pierre Winter et Macarena Ramirez


Lorca, 17 ans, vit à Paris au rythme de la musique et de fêtes entre amis. C’est une époque troublée dont elle s’échappe pour revoir sa grand-mère, danseuse en Andalousie. Là, elle découvre la culture flamenca...

Caroline Chomienne
Caroline Chomienne
Corinne Atlas
Max Moya Wright
Geronimo Balado
Christina Hoyos
Altermédia
Gérard Mordillat
Caroline Chomienne
Michael Raeburn
Jacques Loiseleux
Yann Dedet
Julien Cloquet
Mathieu Farnarier
Nathalie Raoul
Réalisation
Scénario

Musique
Chorégraphie
Production




Image
Montage
Son
Mixage
Costumes


NOTE DE LA RÉALISATRICE

Il nous a fallu du temps, à la scénariste Corinne Atlas et moi pour pénétrer dans le monde fermé des adolescents, partager leur quotidien et obtenir leur confiance.

Ce film s’est écrit, préparé et tourné avec eux sur deux ans, pour restituer au plus près leur univers musical, leur langue, leurs codes vestimentaires et autres.

A leurs côtés, nous avons découvert la responsabilité que les jeunes ressentent les uns envers les autres – surtout les filles, dans le contexte inquiétant de banalisation de l’alcool et des drogues. Leur apparente vie festive cache leur angoisse et le poids des secrets.

Le casting s’est terminé au Cent Quatre (rue d’Aubervilliers, Paris 19ème), où nous avons engagé des jeunes de différents milieux sociaux et origines culturelles.

Cette diversité nous a amenés à travailler sur le rapport des enfants aux racines de leurs parents.

Lorca étant d’origine espagnole, nous avons demandé à la danseuse de flamenco, Cristina Hoyos, de jouer le rôle de sa grand-mère : c’est elle qui conduit sa petite fille vers l’avenir en lui faisant découvrir ses origines. En Andalousie, pays de Federico Garcia Lorca, cette grande artiste, égérie de Carlos Saura, nous a ouvert les portes du Sacromonte, le quartier gitan de Granada, et des jardins de l’Alhambra.

La magie de huit poèmes de F.G. Lorca, intégrés à la vie des personnages, infuse discrètement dans le film dès son début : Une adolescente, Lorca, lit un de ses poèmes quand sa grand-mère lui manque. Verde, vert, c’est la couleur des olives et de la peau des gitans que F. G. Lorca et Lorca chante.

Elle croque sa jeunesse à pleines dents, entre la musique qu’elle apprend et les fêtes, quand son frère disparait au cours d’une soirée.

Avec ses amis, elle part à sa recherche à travers la ville, dans leurs lieux de prédilection. Dès qu’elle l’a retrouvé, elle se sent libre de partir plus loin, à la recherche de ses racines. Du début à la fin, sa grand-mère est dans ses pensées, et vice-versa.

La jeune Lorca se construit avec un désir, un absolu, un fantasme de vie, autour de ses quatre piliers de vie : la musique et le chant, la drogue, l’amour et le voyage.

Les enjeux de liberté, de dépassement de soi, d’évasion chez cet être en construction nous montrent comment aujourd’hui les voyages et ces épreuves forment la jeunesse. Le film affronte le tabou de la drogue et détruit le stéréotype au cinéma - ici, les jeunes filles fument aussi... Le message se lit dans le fond et dans la forme du film.

Jacques Loiseleux, qui a fait l’image de Chica – chef opérateur également de Maurice Pialat sur A nos amours, en 1982, avec Sandrine Bonnaire, nous a dit avoir pris autant de plaisir, trente ans plus tard, à partager cette aventure artistique avec Judith Allio (Lorca), Judith Henri (la mère) et Cristina Hoyos (la grand-mère). Même si les adolescents parisiens d’aujourd’hui lui semblaient appartenir à un autre monde.



Coucher de soleil sur le 9-3

Comédie dramatique | Couleur | 55’ | HD | 2014

Avec Samir Guesmi, India Hair, Joris Avodo, Anne Sée, Anne Le Goff, Mata Gabin, Neggus, Hicham Nazzal, Benjamin Rataud, Bernard Bloch, Marie Tirmont, Judith Allio, Paul Allio


Ce matin, Nabil se lève avec une trique inhabituelle, alors qu’il a rendez vous avec une jolie jardinière. Il doit aussi apporter un paquet à son fils, mais se le fait voler par les lascars du coin. Il arrive parfois à un homme que son sang batte si fort dans sa tête qu’il n’entende plus la rumeur du monde, la voix de la raison ni même le chant des oiseaux

Caroline Chomienne
Corinne Atlas
Jef Sicard
Altermédia
Gérard Mordillat
Caroline Chomienne
Paolo Carnera
AIC
Yann Dedet
Julien Cloquet Nathalie Raoul
Janina Ryba
Réalisation
Adaptation
Musique
Production


Image

Montage
Son
Costumes


NOTE DE LA RÉALISATRICE

Adapté du roman Ze big slip, une commande de l’éditeur Alain Guesnier à Hervé Prudon pour sa Série noire, dont l’action se déroule dans le 14ème arrondissement de Paris, avec son héros, un écrivain typique du quartier, pas mal perché, l’auteur tord le cou au genre. Différence de taille avec le polar : le film a pris pour toile de fond le quartier de la Basilique de Saint- Denis, avec un héros maghrébin, Nabil, son fils métis, et leurs voisines blanches. De ce fait, le décalage dans la narration opère entre la violence masculine, la puissance, l’impuissance, la sensibilité, la poésie, les questions sociales, ethniques et le rapport à la féminité et aux femmes dans les quartiers populaires.

De surprise en surprise, le film crée un amalgame positif, un mélange de toutes les cultures vers une grâce de l’imprévisible.

Ecrire pour Samir Guesmi a inspiré la scénariste Corinne Atlas qui a prolongé l’humour d’Hervé Prudon par la voix intérieure de Nabil qui court en off tout au long du film. Le travail exigeant de Samir Guesmi a commencé avec le travail sur son personnage en choisissant ses costumes avec Nathalie Raoul.

Je cherchais à réaliser une comédie rocambolesque et une déambulation poétique, dans la ville de Saint-Denis. Dans cette optique, la proposition par le chef opérateur Paolo Carnera d’une image noir et blanc a pris tout son sens. Et Yann Dedet, le monteur a rebondi allègrement sur l’ensemble pour trouver le titre. En somme, j’ai été entourée de poètes - monteur, opérateurs, costumière, décorateur, acteur et actrices et toutes les voisines de Nabil, comme Anne Sée, la lumineuse jardinière ou Annick Legoff, extravagante artiste peintre, sont des étoiles filantes qui gravitent autour de lui.

India Hair joue l’amoureuse raide dingue du fils, insaisissable, avec un grain de folie tellement juste... Judith Allio fait une apparition convaincante dans le rôle de la fille de Nabil, convertie au judaïsme pur et dur.

Chacun des personnages nous offrent sa folie douce que l’on envierait presque. Pour ce film, Samir Guesmi et Annick Legoff ont obtenu deux prix d’interprétation.



Cours plus vite que la vie

Comédie dramatique | Couleur | 20’ | HD | 2018

Avec Adama Bamba, Salimatou Syla, Larbi Saada, Julie Bouju, Abdel-Madjid Bedoui, Kheira Deffane, Nikoé Broohm, Hicham Ayouch


Olivier et sa sœur, Rokia, se lancent dans un défi de foot avec les jeunes du quartier, filles contre mecs. Le match du siècle.

Caroline Chomienne
Maxime Taris
Philippe Jakko
Andrea Sitter
Altermédia
Gérard Mordillat
Caroline Chomienne
Magdalena Petrovic
Paco Wiser
Laurent Rouan
Pascal Ribier
Jean Bauer
Janina Ryba
Réalisation
Scénario
Musique
Chorégraphie
Production



Image
Montage
Son
Décors
Costumes


NOTE DE LA RÉALISATRICE

Ce court métrage, commande de la Direction Départementale de la Cohésion Sociale pour l'Euro 2016, aborde les rapports qu'entretiennent filles et garçons avec le football.

Il raconte l’émancipation féminine par le sport, par un sport collectif et masculin.

Dans le quartier populaire Sainte- Marthe, du Xème arrondissement de Paris, un quartier que je connais bien puisque j'y ai tourné mon premier long métrage il y a vingt ans, les adolescents de toutes origines sont toujours turbulents, hésitants entre une vie de dealer et des études. Chaque génération depuis cinquante ans est suivie de près par Kheira Deffane, la fée de l’association Les Quatre Horizons qui a porté la belle réhabilitation du quartier et surveille va-et- vient dans les halls d'immeuble.

Elle et moi avons accueilli plus d'une vingtaine de ces jeunes gens chaque week end, d'octobre à mai, dans ses locaux pour leur montrer des films présentés par leur auteur - merci à Merzak Allouache, Cheick Fantamadi Camara, Hicham Ayouch. Parallèlement, il s'agissait d'écrire tous ensemble un scénario pendant les trois vacances d'hiver, puis de tourner le film pendant celles de Pâques.

Épopée est un mot faible pour dire l'énergie que Kheira et moi avons déployée pendant ces six mois. Merci à Maxime Taris pour sa patience.Il habite dans le quartier et vient lui- même d'une cité, sortant de l’excellente école de la Fémis, il a su structurer le scénario écrit à partir des récits des adolescents. Ensuite il a conduit des ateliers audiovisuels, préparé et participé au tournage.

Merci à l'entraîneur Lazare, du stade de la Porte de Montreuil, qui coache les footballeuses. Ces adolescentes se sont prêtées au jeu avec leur maturité, leur courage, et leur incroyable autorité naturelle sur les garçons.

Grâce à toutes et tous, le film est un feel-good movie sans autre prétention que d'avoir proposé une expérience de tournage professionnel à des adolescents.

Bravo aux héroïnes et héros : Salimatou, Julie, Adama, Larbi, Abdel, leurs amis et "grands frères". Abdel y jouait un flic plus vrai que nature, ce qui effrayait les Chinois clandos du quartier quand il apparaissait. Nous leur souhaitons d'autres rôles au cinéma. Le film a été projeté en avant- première à la SACD, puis pendant les cinq week-ends de l'Euro sur la Place Sainte-Marthe, et pour la finale sur le Parvis de l'Hôtel de Ville. Cours plus vite que la vie, essentiellement tourné dans la rue avec des acteurs non professionnels, est vite devenu le film du quartier et de ses habitants parce qu'il va droit au but.